ACRE et ARCE : Simulateur et méthode de calcul du cumul

  • L'ACRE réduit vos charges sociales tandis que l'ARCE transforme vos allocations chômage en capital (60 % des droits restants).
  • L'obtention de l'ACRE est une condition sine qua non pour débloquer le versement de l'ARCE par France Travail.
  • Le calcul du capital net doit intégrer la déduction de la participation forfaitaire (3 % sur le montant brut).

Pour tout créateur d’entreprise, et particulièrement dans l’immobilier où les premiers honoraires peuvent tarder, la trésorerie est le nerf de la guerre. Il est impératif de ne pas confondre les deux dispositifs pour bien comprendre le cumul ACRE et ARCE calcul.

L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’une Entreprise) est une exonération partielle ou totale de vos charges sociales durant la première année d’activité. Elle agit sur vos sorties d’argent : vous payez moins à l’URSSAF.

L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) est un mécanisme financier géré par France Travail (ex-Pôle Emploi). Au lieu de recevoir vos allocations mensuellement (ARE), vous optez pour un versement en capital. C’est une entrée d’argent immédiate.

Ces deux aides sont parfaitement cumulables. Mieux encore, elles sont complémentaires : l’ACRE optimise votre rentabilité opérationnelle, tandis que l’ARCE finance votre besoin en fonds de roulement (BFR).

Cumul ACRE et ARCE calcul : La méthode précise

Beaucoup de simulateurs en ligne restent approximatifs. Pour anticiper votre budget réel, vous devez effectuer le calcul manuellement en suivant les règles en vigueur depuis juillet 2023. Le montant de l’ARCE correspond désormais à 60 % du reliquat de vos droits à l’assurance chômage.

Voici la formule pour déterminer votre capital brut :

  1. Prenez votre SJR (Salaire Journalier de Référence) défini par France Travail.
  2. Multipliez ce montant par le nombre de jours d’indemnisation restants à la date de création de votre entreprise (Kbis).
  3. Multipliez le total obtenu par 0,60 (les fameux 60 %).

Prenons l’exemple d’un agent commercial en immobilier qui se lance. Supposons qu’il lui reste 730 jours d’indemnisation avec une allocation journalière de 50 €.

  • Capital total théorique (droits restants) : 730 jours x 50 € = 36 500 €.
  • Montant brut de l’ARCE : 36 500 € x 60 % = 21 900 €.

L’impact de la CSG/CRDS sur le montant net

Le montant brut n’est pas ce qui arrivera sur votre compte bancaire professionnel. Vous devez déduire la CSG (Contribution Sociale Généralisée) et la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale).

Le taux global de prélèvement est d’environ 3 % sur le montant brut (plus précisément, 6,70 % sur 98,25 % de la somme, mais retenez 3 % pour une estimation prudente).

En reprenant notre exemple précédent :

  • Retenue sociale estimée : 21 900 € x 3 % = 657 €.
  • Montant net versé : 21 243 €.

Ce montant ne vous est pas versé en une seule fois. La réglementation impose un versement en deux temps égaux :

  1. Premier versement (50 %) : Au moment de la création de l’entreprise, dès que vous fournissez l’attestation ACRE et votre Kbis. Soit 10 621,50 € dans notre exemple.
  2. Second versement (50 %) : Six mois après la date de création, à condition que l’entreprise soit toujours en activité.

Pourquoi l’ACRE est la clé de voûte du dispositif

Le terme « cumul » est ici légèrement trompeur. Il ne s’agit pas d’une addition mathématique, mais d’une conditionnalité. Pour bénéficier de l’ARCE, vous devez obligatoirement bénéficier de l’ACRE.

Si vous êtes demandeur d’emploi indemnisé, l’attribution de l’ACRE est souvent automatique, mais restez vigilant. L’URSSAF effectue des vérifications. Si votre demande d’ACRE est rejetée, France Travail refusera de vous verser le capital ARCE et vous basculera automatiquement sur le maintien des allocations mensuelles (ARE).

Assurez-vous que votre dossier de création (statuts, formulaire M0) soit irréprochable pour éviter tout blocage administratif qui gèlerait votre trésorerie au pire moment.

Stratégie : Faut-il choisir le capital ou le maintien ?

En tant qu’expert du secteur, je conseille souvent l’ARCE aux créateurs qui ont besoin d’investir massivement au démarrage. Dans l’immobilier, cela concerne l’achat d’un véhicule, le financement d’une campagne de communication locale, ou l’adhésion à un réseau de mandataires coûteux.

Cependant, le cumul ACRE et ARCE calcul montre aussi une perte sèche de 40 % de vos droits potentiels. Si vous optez pour le capital, vous renoncez aux 40 % restants de vos allocations (sauf si votre entreprise ferme et que vous vous réinscrivez au chômage plus tard).

Si votre activité génère peu de frais et que vous prévoyez un chiffre d’affaires nul les premiers mois (fréquent lors de la constitution d’un stock de mandats), le maintien des allocations mensuelles (ARE) cumulé à l’exonération ACRE peut s’avérer plus sécurisant financièrement sur la durée. Le choix dépendra strictement de votre besoin immédiat de liquidités face à votre capacité à générer du chiffre d’affaires à court terme.